Que faire dans les Dolomites : activités par saison

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Que faire dans les Dolomites : activités par saison

Les Dolomites se vivent autrement selon la saison : randonnée et baignade en barque l’été, via ferrata pour les amateurs de vertical, ski sur le carrousel du Sella Ronda l’hiver. Ce massif italien classé par l’UNESCO le 26 juin 2009 couvre 142 000 hectares. Voici quoi faire, par envie et par période.

Randonner : le cœur de l’expérience dolomitique

La marche reste l’activité reine du massif. Le réseau de sentiers balisés dépasse 1 500 km, du chemin familial au trek de haute montagne. Trois niveaux d’engagement se dessinent selon votre forme et votre expérience. Le balisage suit le standard du Club alpin italien : un sentier facile porte le numéro et la bande rouge-blanc, les itinéraires d’altitude affichent souvent une difficulté technique supplémentaire.

Pour une demi-journée, la boucle des Tre Cime di Lavaredo donne le ton. Le départ se fait au refuge Auronzo, à 2 333 mètres d’altitude. Comptez environ 10 km et 3 à 4 heures de marche autour des trois tours calcaires. Depuis 2025, l’accès en voiture exige une réservation de parking en ligne via le portail pass.auronzo.info, et le péage routier atteint au moins 40 euros par véhicule en haute saison. La route ouvre de mai à octobre. Une alternative gratuite existe pour les courageux : démarrer au lac d’Antorno, ce qui ajoute environ 7 km aller-retour et 500 mètres de dénivelé, mais évite le péage.

Les marcheurs aguerris visent des objectifs plus exigeants. Le sentier menant au Lago di Sorapis grimpe sur 11 km aller-retour depuis le Passo Tre Croci, avec 500 mètres de dénivelé. La récompense ? Une eau bleu laiteux unique dans les Alpes. Le passage le plus impressionnant longe une vire équipée de marches métalliques au-dessus du vide, à déconseiller aux personnes sujettes au vertige. Pour préparer une sortie estivale selon votre niveau, notre guide des randonnées d’été autour de San Martino détaille les sentiers classés par durée.

Les plus motivés enchaînent plusieurs jours de refuge en refuge. L’Alta Via n°1 relie le Lago di Braies à Belluno sur 120 km, en dix à douze étapes. Réservez les refuges quatre à six mois à l’avance : ils affichent complet dès le printemps pour la saison de juillet à septembre. Sur ces traversées, la demi-pension en refuge revient entre 50 et 80 euros par personne et par nuit, draps de couchage rarement fournis. Notre itinéraire de trek sur cinq jours propose une version plus accessible avec les étapes et les contacts de réservation.

Contempler les lacs d’altitude et leurs barques

Les lacs comptent parmi les images les plus diffusées du massif. Chacun offre une ambiance distincte, entre eaux émeraude et reflets de parois.

Le Lago di Braies trône à 1 496 mètres dans le parc naturel Fanes-Senes-Braies. Sa profondeur atteint 36 mètres sur une superficie d’environ 31 hectares. Ses barques en bois, amarrées au ponton, sont devenues son symbole. La location dure 45 minutes, à partir de 15 euros par personne en barque partagée ou 50 euros la barque privée. Du 1er juillet au 15 septembre, la vallée est régulée entre 9h30 et 16h : accès réservé aux transports publics, aux cyclistes, aux marcheurs et aux détenteurs d’une réservation valide.

Les autres lacs méritent le détour pour varier les paysages :

  • Lago di Carezza : 1 520 m, accessible en bord de route, célèbre pour ses reflets du Latemar.
  • Lago di Sorapis : 1 923 m, atteint après 2 heures de marche, à la couleur bleu laiteux saisissante.
  • Lago di Misurina : 1 754 m, accès libre en voiture, avec une vue dégagée sur les Tre Cime.

La baignade reste prohibée dans ces lacs d’altitude. Leur teinte tient à des minéraux en suspension qu’une fréquentation aquatique dégraderait. L’eau plafonne rarement au-dessus de 12 °C, même au cœur de l’été.

Un conseil de terrain pour le Lago di Braies : visez l’ouverture des barques, dès le lever du jour. La lumière rasante embrase la paroi du Seekofel reflétée dans l’eau, et la foule n’a pas encore débarqué. À midi en plein été, le ponton ressemble à un quai de gare. Le même réflexe vaut pour le Lago di Carezza, dont les reflets du Latemar se ternissent dès que le vent se lève dans l’après-midi.

Grimper : via ferrata et sommets accessibles

Les Dolomites ont vu naître la via ferrata. Ces parcours équipés de câbles d’acier et d’échelons fixés dans la roche ouvrent l’accès à des arêtes spectaculaires sans technique d’escalade pure. La région de Cortina d’Ampezzo concentre les itinéraires les plus réputés.

La ferrata Alpini, sur le Lagazuoi, traverse d’anciennes positions de la Première Guerre mondiale. Le secteur garde des tunnels creusés dans la paroi à plus de 2 700 mètres d’altitude, vestiges des combats entre troupes italiennes et austro-hongroises. Le territoire de Cortina appartint d’ailleurs à l’Autriche jusqu’en 1918. Cette mémoire militaire donne à la course une dimension rare.

Trois règles encadrent la pratique. Le matériel homologué d’abord : baudrier, longe à absorbeur d’énergie et casque, sans exception. La météo ensuite : un orage sur une ligne de vie métallique présente un danger réel, et les après-midis d’été virent souvent à l’instable. Un guide enfin, pour une première sortie, car le vide et l’exposition surprennent même les randonneurs solides.

Côté sommets sans corde, le téléphérique d’Ortisei hisse les visiteurs vers l’arête de Seceda, à 2 519 mètres, en un quart d’heure. La crête dentelée domine le Val di Funes et offre l’un des panoramas les plus photographiés des Alpes. De là, plusieurs sentiers redescendent vers la vallée pour les marcheurs qui préfèrent économiser leurs genoux à la montée.

Autre ascension facile sans matériel technique : l’Alpe di Siusi, le plus vaste alpage d’Europe. Le plateau s’étend sur environ 56 km² à 1 850 mètres d’altitude moyenne, accessible par télécabine depuis Siusi. Les sentiers y serpentent à plat entre prairies et fermes anciennes, face au Sassolungo et au Sciliar. Un terrain idéal pour les familles et les marcheurs qui veulent l’altitude sans la souffrance.

Parcourir les cols en voiture, à moto ou à vélo

Les routes de montagne forment un terrain de jeu à part. Les cols des Dolomites figurent parmi les plus beaux d’Europe, prisés des cyclistes comme des motards. Un circuit relie les vallées principales en enchaînant lacets et belvédères.

La boucle du Sella Ronda résume cette expérience. Elle relie quatre cols autour du massif de la Sella sur une cinquantaine de kilomètres : Passo Pordoi (2 239 m), Passo Sella (2 244 m), Passo Gardena (2 136 m) et Passo Campolongo (1 875 m). Comptez 2 à 3 heures en voiture sans arrêt, une journée entière avec les pauses photo et un déjeuner en refuge. Les cols ouvrent de fin mai à fin octobre, selon l’enneigement résiduel.

D’autres cols valent le détour hors de cette boucle. Le Passo di Giau (2 236 m), avec sa route en lacets serrés, ouvre un panorama réputé sur le Civetta. Le Passo Rolle (1 970 m) garde un caractère plus sauvage, face aux Pale di San Martino. Sur ces routes étroites, partez tôt, avant l’afflux des cars et des cyclistes. Les motards y trouvent un revêtement soigné et des virages dessinés au cordeau, mais les troupeaux en estive imposent la prudence.

Pour ceux qui préfèrent laisser la voiture au garage, le réseau ferroviaire dessert plusieurs portes d’entrée du massif. Notre guide pour visiter les Dolomites en train explique les liaisons depuis Vérone et Bolzano, puis les bus locaux vers les vallées.

Skier l’hiver : le domaine du Sella Ronda

De décembre à mars, le massif change de visage. Plus de 1 200 km de pistes attirent les skieurs sur l’un des plus vastes domaines reliés d’Europe. Le carrousel du Sella Ronda fait le tour du massif de la Sella skis aux pieds.

Le circuit s’étire sur environ 44 kilomètres, dont près de 26 kilomètres de descente, le reste s’avalant en remontées mécaniques. Les skieurs de niveau moyen bouclent la ronde en 5 à 6 heures. Mieux vaut partir tôt : rater la dernière remontée d’un secteur oblige à finir en taxi.

Cortina d’Ampezzo, perchée à 1 224 mètres, accueille les Jeux olympiques d’hiver 2026 conjointement avec Milan. La station, surnommée la reine des Dolomites, conjugue pistes réputées et atmosphère mondaine. Plus au sud, San Martino di Castrozza et le Passo Rolle font partie du vaste forfait Dolomiti Superski, dans une ambiance plus familiale et des tarifs plus doux. Pour comparer les stations, consultez notre panorama des domaines skiables des Dolomites.

Flâner dans les villages et goûter la culture ladine

Le massif ne se résume pas à l’effort. Ses villages mêlent traditions tyroliennes et culture ladine, cette langue rhéto-romane parlée dans quelques vallées. Une demi-journée de flânerie équilibre un séjour trop sportif.

Ortisei, dans le Val Gardena, sculpte le bois depuis des siècles : ses ateliers perpétuent un artisanat d’art reconnu. Santa Maddalena, dans le Val di Funes, aligne sa petite église face au groupe des Odle, dans un décor de carte postale. Vous trouverez d’autres adresses dans notre sélection des plus beaux villages des Dolomites.

La table accompagne la balade. Les refuges et les fermes-auberges servent canederli, speck et strudel, héritage d’une cuisine de montagne nourrissante. Un déjeuner en altitude, face aux parois, vaut parfois le sommet lui-même.

Où poser ses valises pour rayonner

Le choix de la base conditionne tout le reste : les sites accessibles en journée, le temps perdu en voiture, le budget. Le massif s’étire sur 150 km, et changer d’hôtel chaque soir gâche un séjour. Mieux vaut une base unique par tranche de trois jours.

Cortina d’Ampezzo séduit ceux qui veulent le prestige et la proximité des Tre Cime comme des Cinque Torri. Les tarifs s’envolent en haute saison, surtout à l’approche des épreuves olympiques. Le Val Gardena, autour d’Ortisei et Selva, donne un accès direct au Sella Ronda et aux sentiers du Sassolungo, avec souvent une carte de transport offerte par les hébergeurs.

San Martino di Castrozza joue une autre carte : celle du calme et des prix plus doux. Perché à 1 450 mètres, le village ouvre sur 200 km de sentiers balisés et constitue la porte des Pale di San Martino. Pour arbitrer entre les villages selon vos priorités, notre comparatif sur quelle ville choisir pour visiter les Dolomites pèse le pour et le contre de chaque base.

Choisir sa saison : que faire et quand

La période détermine les activités possibles. Quatre fenêtres se distinguent nettement.

L’été, de mi-juin à mi-septembre, ouvre la totalité des sentiers et des remontées estivales. La plupart des refuges lèvent le rideau entre le 10 et le 20 juin. Juillet et août concentrent la fréquentation : sites bondés, parkings saturés dès 9h. Septembre offre le meilleur compromis. La météo reste estivale, les refuges ouverts, et l’affluence chute fortement. Les premières couleurs d’automne habillent les mélèzes, et les tarifs d’hébergement redescendent après le 15 août.

L’hiver, de décembre à mars, est dédié au ski et aux raquettes. Le printemps et l’arrière-saison restent capricieux : sentiers de haute altitude encore enneigés en mai, refuges fermés en novembre, remontées à l’arrêt entre les deux saisons. Quelle que soit la période, la montagne impose ses règles : un ciel bleu au matin peut virer à l’orage en début d’après-midi, surtout en été. Pour partir bien équipé, lisez nos conseils sur comment s’habiller dans les Dolomites.

Prochaine étape : fixer votre saison, choisir une base unique pour limiter les trajets, puis bloquer vos randonnées et vos via ferrata par difficulté croissante. Réservez les refuges plusieurs mois à l’avance et gardez une journée tampon pour la météo.

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